vSphere 6.5 est avancé !

On l’attendait depuis de nombreux mois déjà, j’avais d’ailleurs pu mettre la main dessus en participant à la phase de bêta privée il y a quelques temps et il me tardait vraiment de pouvoir vous en parler. Mais voila, c’est désormais officiel : la suite vSphere 6.5 est annoncée !

Avant toute chose, petite remarque qui mérite d’être mentionnée : une fois n’est pas coutume, VMware aura gardé ce gros morceau pour le VMworld Europe et franchement, on ne va pas s’en plaindre :) . Ceci étant précisé, l’adjectif qui vient à l’esprit pour cette nouvelle version “intermédiaire”, je le dis sans ambages : ENORME ! En effet, elle aurait presque pu s’appeler vSphere 7, tant, vous aller le voir, les nouveautés sont nombreuses. Et ces nouveautés on ceci de particulier qu’elles n’apportent pas forcément de transformations radicales coté fonctionnalités pures (quoique) mais se concentrent plutôt sur la consolidation et la sécurisation de l’écosystème de virtualisation.

Comme il y a beaucoup de choses à dire, je vous propose une série de plusieurs billets qui vont chacun aborder 1 aspect spécifique de ce “vSphere nouveau”. Le premier d’entre eux concerne le coeur de cette suite bien sûr, j’ai nommé vCenter. Alors, tel le beaujolais, a-t-il goût de vanille ? de banane ? est-il sec, fruité ?

Laissez-moi vous présenter tout cela pour vous faire votre propre opinion !

vCenter 6.5 : Une architecture simplifiée, unifiée et consolidée

vCenter est au coeur de nos environnements et quoi qu’on en dise, VMware a bien compris qu’il fallait continuer à produire des efforts de développement importants pour simplifier son déploiement et son administration, mais également proposer des fonctions de haute disponibilité avancées sans avoir besoin d’usines à gaz ou d’outils externes. De même, son compagnon de toujours ou presque, Update Manager, aussi important qu’il soit, a toujours été un peu le parent pauvre et la “verrue” logicielle encore sur plateforme Windows jusqu’à très récemment ; il était temps de faire quelque chose pour lui. Enfin, et j’ai envie de dire SURTOUT, la sauvegarde et la restauration d’un vCenter et de ses briques associées a toujours été un casse-tête qu’il était aussi temps de résoudre définitivement.

C’est fort de ces constats que VMware propose pour cette 6.5, le support natif de la fonction de haute disponibilité de vCenter, une intégration native d’Update Manager au sein de VCSA (vCenter Server Appliance) et des fonctions de backup et restauration simplissimes dont la cohérence est garantie par la société. En outre, l’accent a été porté sur les outils d’installation et de migration avec un assistant qui permet de migrer quasi n’importe quelle configuration initiale vers la forme VCSA de vCenter 6.5/VUM 6.5. Que vous veniez d’une VCSA 6.0 avec PSC intégrée ou d’un vCenter Windows avec base de donnée Oracle et PFC externe (notre cas, pour info), pas de souci, l’assistant s’occupe de tout et vous propose un chemin de migration adapté. Bref, que du bonheur et je vous confirme que ça marche vraiment très bien, pour l’avoir testé à deux reprises sur mon vLab.

D’ailleurs, vous aviez eu un petit avant goût de cette fonction phare il y a quelques semaines avec l’outil de migration 5.5 vers VCSA 6.0 dont j’avais parlé à l’époque (voir ici). On peut dire que désormais, que vous veniez de 5.5 ou 6.0 et quelle que soit votre type d’installation historique, plus rien de vous retient pour embrasser l’appliance vCenter de VMware.

D’autre part, l’assistant d’installation est aussi capable de prendre directement une sauvegarde de votre vCenter 6.5 réalisée précédemment en une seule passe pour en restaurer directement l’image cohérente. Vous avez l’ISO de vCenter, vous avez votre dernière sauvegarde : pas de souci, vous pouvez reconstruire tout votre vCenter. Mais franchement, que demande le peuple :)

vCenter Server Appliance 6.5 intègre désormais un tableau de bord d’activité et de supervision simplifié où tous les paramètres vitaux de la machine sont présentés. D’un coup d’oeil, on peut donc vérifier l’état de santé de vCenter et ses composants internes. Dans le même ordre d’idée, il est possible aussi d’avoir une visibilité sur la base de donnée intégrée (PostgreSQL), tout comme la possibilité de rediriger les logs vers un syslog externe. C’est full HTML, simple, accessible, bref, que du bon.

Une autre grande nouveauté est la prise en charge native de la fonction “HA” de vCenter. En substance, vous pouvez en l’espace de quelques clics, déclencher la mise en place d’un clone de votre vCenter de production et activer la réplication quasi temps réel des données associées. L’opération, encore une fois, est simple et rapide. Malgré tout, il possible d’opter pour un mode basic qui configure la chose tout seul, où un mode advanced qui vous permet d’avoir un droit de regard et de modification de la configuration qui sera préparée (notamment la partie réseau, heartbeat, réplication, witness éventuel etc. …). Sans rentrer dans le détail, plus rien désormais ne s’oppose à disposer enfin d’un vCenter hautement disponible. Miam !

Comme déjà évoqué, Update Manager est désormais intégré à VCSA et certaines de ses fonctions ont été améliorées. Inutile de dire que dans ces conditions, la fonction VUM est également nativement présente dans le Web Client. Cela signifie aussi de facto que VUM tire directement partie des fonction HA natives de vCenter !

Moulte interfaces de gestion

Et oui, c’est sans doute pour cela que vSphere s’appelle encore 6.5 et non 7. VMware a entamé depuis environ un an maintenant, on l’a souvent évoqué ici d’ailleurs, sa transition vers le full HTML5. On imagine le travail colossal que ça représente vu la richesse fonctionnelle acquise au fur et à mesure des version, depuis l’arrivée du “web client” en vSphere 5. Je me suis toujours demandé pourquoi ce choix de Flash, à contre courant du “web 2.0” déjà largement popularisé lors de sa sortie… sans doute des soucis de timing et de complexité de portage des fonctions du client lourd C# … qui reste encore diablement efficace pour le quotidien, soit dit en passant.

Mais bon, voila, désormais nous somme au milieu du guet, s’il on peut dire, et vCenter 6.5 le montre : il intègre bien sûr le Web client en flash, qui a été grandement optimisé et dont la navigation a été également amélioré (VMware annonce un gain de 100% en performance et surtout une section “tâches” temps réel, telle qu’on la connait depuis le début sur le client lourd… de bon aloi). Mais il intègre aussi une version “stabilisé et supportée” du vSphere Client (son appellation officielle), dont vous avez connu et suivi, j’en suis sûr, le développement très rapide sur Flings (voir ici pour ceux qui habitent déjà une planète lointaine ^^).

S’il on devait résumer les évolutions des interfaces : histoire de faire patienter le rattrapage fonctionnel progressif du “vSphere Client” par rapport au Web Client en flash, VMware nous gratifie d’une version officiellement prise en charge et intégrée à la VCSA. En complément, VMware met également à disposition des développeurs le nouveau jeu d’API dédié à la construction et l’intégration de nouveaux plug-ins natifs HTML, cela va sans dire.

Enfin, le “Client Integration Plug-in”, vous savez, le bouzin qu’on devait installer quarante fois avant qu’il daigne fonctionner, n’est désormais plus nécessaire et toutes les tâches d’import, téléchargements divers, connexion aux ISO externe etc. utilisent désormais les fonctions natives des navigateurs… ouf ! Bon, comme toujours, à expérimenter quand même, personnellement, je me méfie encore …

Et du coté des fonctionnalités ?

Même si de mon point de vue, les grosse nouveautés portent sur la partie consolidation et sécurisation, il n’en reste pas moins que vCenter 6.5 apporte son lot d’évolutions sur les fonctions existantes, évidemment.

Le système des host profiles a été amélioré avec notamment :
– l’ajout d’une fonction de filtrage des paramètres au sein de l’assistant d’édition, histoire d’éviter de parcourir toute la hiérarchie,
– la possibilité d’export et importer un ensemble des customisations pour un groupe entier de serveurs, le tout via du CSV,
– un outil pour copier un ensemble de propriétés d’un profil à un autre (excellente chose, ça !)
– la possibilité de réaliser un “pre-check” des changements qui seront opérés sur les machines, histoire de savoir quel impact aura la mise en conformité
– une option pour pouvoir réaliser des remédiations en parallèle, pas mal pour gagner un temps fou lors de préparation d’un cluster complet, par exemple

… bref, tout un tas de “petites choses” qui rendent les Host Profiles encore plus indispensables au quotidien.

Enfin et dans la même veine, des améliorations au niveau d’Auto Deploy avec :
– la disponibilité d’une interface dédiée pour la gestion de vos images ESXi et des règles de déploiement associées
– le support des serveurs disposant d’un UEFI
– le support d’IPv6 (et ses fonctions d’auto-config, encore plus simple à gérer pour du déploiement automatique)
– la prise en charge intégrée des fonctions de backup et restauration de vCenter
– des extensions PowerCLI spécifiques pour Auto-deploy

Et ce n’est que le début !

Voila pour ce premier aperçu général de vCenter 6.5. Je reviendrais par la suite dans d’autres billets plus spécifiques sur certains aspects de vSphere 6.5 comme les nouvelles API REST, la nouvelle interface CLI magique “Datacenter CLI” alias DCLI, les nouvelles possibilités offertes par VSAN 6.5, intégré à ESXi 6.5.

D’une manière générale, vSphere 6.5 semble un excellent cru, si des bugs importants ne viennent pas perturber son adoption évidemment. On se souvient en effet de la levée de boucliers engendrée par le fameux bug CBT en fin d’année dernière (et son petit frère, moins critique malgré tout, en mai 2016) qui a sans aucun doute retardé pas mal les migrations de 5.5 vers 6.0.

Bon VMworld à tous !

6 thoughts on “vSphere 6.5 est avancé !

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