Pure Storage : et si on changeait de couleur ?

EDIT du 28/09 : suite à une discussion sur le forum, quelques modifications en fin de billet. Merci à Anthony pour l’échange !

C’est vrai que j’aime le bleu, et depuis longtemps : le bleu EMC évidemment ! Mais, comme vous le savez sûrement, j’aime aussi profondément la technologie, même si elle “m’oblige” de temps en temps à me tourner vers d’autres horizons et me demander si le changement de couleur ne serait pas une bonne chose ^^. Pour le coup, je vous propose aujourd’hui un petit compte-rendu d’un entretien très récent avec un constructeur qui affiche fièrement sa couleur orange vif depuis plus de 7 ans maintenant, je veux bien sûr parler de Pure Storage.

Vous avez raison, il faut varier les plaisirs ! Alors varions ensemble :)

Genèse et philosphie

Fondée en 2009, Pure Storage a embrassé dès le début le Full Flash en proposant sa vision du stockage AFA. Profitant de l’opportunité créée par les performances hors-norme de ce type de support à l’époque, Pure a décidé de présenter à ses clients potentiels une philosophie qui tranchait avec les ténors du secteurs. Partant du constat que tous les constructeurs de systèmes de stockage de ces années-là, par une politique de coût de maintenance rédhibitoire, forçaient plus ou moins leurs clients à renouveler entièrement leurs baies à intervalle régulier, Pure Storage présente au contraire un contrat assurant à son client une linéarité totale des coûts de maintenance et de support sur toute la durée de vie du produit acquis.

Cela va si loin que même si une nouvelle fonctionnalité nécessite une mise à jour hardware des contrôleurs et que vous êtes sous contrat, vous êtes de-facto éligible à une mise à jour de votre hardware, sans surcoût, vers des équipements compatibles, dans le même niveau de gamme évidemment. Tout cela est rendu possible grâce à une volonté à tous les niveaux de l’engineering de produire des composants et des logiciels inter-opérables sur plusieurs générations de produits. Cela implique également des propriétés de remplacement à chaud de l’ensemble du hardware, on le verra plus tard (du simple disque à la carte NVRAM de cache des contrôleurs).

En quelque sorte, Pure Storage a littéralement retourné la fameuse politique masquée, tant décriée aujourd’hui, de l’obsolescence programmée pour en faire un argument de vente imparable : “nous, on veut que vos baies soient opérationnelles le plus longtemps possible au juste prix et on vous propose un contrat pour cela”.

L’offre

Pure Storage propose aujourd’hui deux systèmes distincts : Flash Array et Flash Blade. La où le premier, historique, se positionne comme baie AFA en mode bloc uniquement, le second s’attaque depuis le début de l’année au monde du File hautes performances. Dans une certaine mesure, il rentre en concurrence avec Isilon et Netapp, même si la marque orange revendique l’entrée dans ce marché “par le haut”, là où les temps de réponse comptent : le HPC, le Big Data ou le calcul destiné aux travaux sur l’intelligence artificielle.

En marge de ces produits maison, la société propose également une offre convergée, en partenariat avec Cisco (UCS/Nexus), FlashStack, pour les environnements plug’n prod. On retrouve ici un placement produit logique qui permet de s’aligner face à des FlexPod ou VBlock. Le marché est restreint mais il faut y être, encore pour quelques temps.

De manière plus technique, si elles reposaient à l’origine sur du commodity hardware x86, les baies Pure Storage disposent désormais de composants customisés et optimisés pour disposer de fonctions hot-plug sur l’ensemble des machines. Cela participe évidemment au but affiché de la société à assurer une maintenance d’une baie sur de nombreuses années tout en maintenant la disponibilité de celle-ci au maximum. D’ailleurs, d’après ce que j’ai pu comprendre, le niveau moyen de disponibilité sur l’ensemble du parc Pure atteint un score de 99,9999% de disponibilité par an (environ 30 secondes d’arrêt par an en moyenne).

Comme quoi, même si le SDDC et le “full software” est dans toutes les bouches aujourd’hui, certains constructeurs comme Pure, (et dans une moindre mesure Simplivity, avant d’être racheté par HPE) croient toujours aux vertues d’un hardware et d’un logiciel optimisés, fonctionnant de concert pour délivrer le meilleur d’eux-même … “Ca ne marchera jamais, qu’ils disaient”. Parlez-en à une entreprise dans la région de Cupertino …

Autre information importante, les baies Pure Storage n’ont pas de cache en lecture (ils considèrent que les performances du flash couplées au logiciel embarqué suffisent à assurer le service), le cache d’écriture étant stocké sur NVRAM. De fait, chaque contrôleur est totalement state-less, ce qui signifie qu’en cas de panne soudaine ou d’échange à chaud, il n’y a aucune précaution ou action particulière à prendre, sauf à faire un RFC : et oui, on échappe pas à ITIL, le trou noir de la production : nul ne peut y échapper, pas même le pragmatisme ^^… De plus, les baies vendues sont systématiquement dimensionnées en mode 2×100% : dans la pratique, les contrôleurs sont ACTIF/ACTIF en front end (multipath) mais ACTIF/PASSIF en back-end. Si vous perdez un contrôleur, le service n’est donc jamais impacté, par définition.

La réduction de données et l’optimisation, une valeur sûre

Comme toute AFA qui se respecte, les baies Pure sont équipées des dernières technologies de réduction de données avec une particularité malgré tout : il existe deux niveaux de compression, en parallèle de l’algorithme de dé-duplication. Le premier niveau est “quasi inline” et s’opère directement dans le cache en écriture après l’acquittement de l’IO. Le second niveau est réalisé en tâche de fond, pour gagner encore plus en efficacité, tranquillement. Ce mode de fonctionnement a évidemment fait l’objet de nombreuses guerres d’experts depuis des années et je ne me risquerai pas à désigner un vainqueur dans cette course à l’optimisation. Ce qu’on peut au moins retenir dans cette affaire c’est l’engagement contractuel de Pure vis à vis de taux de réduction, en fonction des workloads cible et c’est finalement ça le plus important, pour un client : que la volumétrie effectivement achetée soit là.

L’optimisation reste d’ailleurs un axe travail prioritaire dans la société qui vient d’annoncer récemment l’arrivée prochaine (en fin d’année normalement) de “Pure1 Méta”, une extension de son fameux portail cloud qui permettra de tagguer les volumes des baies en fonction du type d’usage pour paramétrer au mieux le comportement des baies, voir de proposer à terme des suggestions de placement ou de QoS. Au passage, évidemment, tout cela fonctionne en parfaite harmonie avec VVol (voir ici ou ici si vous ne connaissez pas) … tout un programme :)

D’ailleurs, en toute transparence, Pure présente un tableau de bord “live” des taux de consolidation de l’ensemble des baies supervisées, disponible ici : https://www.purestorage.com/content/purestorage-com-live/fr_fr/why-pure/efficient.html

Un portail cloud, depuis le début

Un des composants de l’offre Pure qui fait sa fierté aujourd’hui, c’est Pure1, le portail de supervision, capacity planning et diagnostic. Derrière la façade utilisateur accessible par tout client se cache en fait une grande partie de la force du support : chaque baie retournant l’ensemble de ses metrics et logs, ces paramètres sont analysés, compilés et transformés en données permettant d’anticiper au maximum les comportements déviants ou les pannes potentielles. Toute cette intelligence permet dans une certaine mesure de limiter les incidents déclenchés en mode réactif. Par voie de conséquence, Pure peut se permettre une belle coquetterie : la hotline est exclusivement composée d’ingénieurs de deuxième niveau ayant une connaissance approfondie des produits et à leur disposition les fameuses données diagnostiques et rapports d’analyse de la base client.

Au final, c’est un gain de temps pour les clients et une source de satisfaction pour les personnes qui appellent : elles tombent sur des gens compétents et déjà au cours des problèmes de la machine, dans la majorité des cas. J’avoue, les hotline avec 20 niveaux avant d’avoir LA personne qui sait répondre et déclencher les mesures qui s’imposent … à la longue, c’est plus que lourd.

Alors, on vire à l’Orange ?

Aujourd’hui forte de plus de 2000 salariés dans le monde, Pure continue sa progression dans le marché du stockage “pur” si j’ose dire (ok, facile) avec un chiffre d’affaire de plus d’un milliard de dollars prévu en 2017 et une profitabilité annoncée pour l’année prochaine. C’est une performance remarquable quand on sait que ce segment est en stagnation voire en légère décroissance aujourd’hui, concurrencé par le cloud et l’hyper-convergé.

La société possède aussi une base de clients fidèles visiblement très satisfaits de ses prestations (“Net Promoter Score” à 93% pour le support et 83% pour le matériel, voir ici entre autres).

En somme, Pure Storage grandit régulièrement, a une stratégie client particulièrement claire, une vision des affaires équilibrée (cf ses coûts de maintenance linéaires) et une taille critique qui la positionne aujourd’hui comme une alternative plus que crédible face aux “gros” dans nombre de projets où le choix d’un environnement “classique” par opposition aux nouvelles offres hyper-convergées fait sens financièrement et techniquement.

Enfin, même si pour le moment, Pure n’a pas de velléités dans le domaine du HCI, il est plus que certain que sa philosophie de contrat appliquée aux problèmes de renouvellement des composants de type scale-out pourrait faire mal aux acteurs actuels qui obligent incitent souvent à changer les noeuds arrivant en fin de maintenance au sein d’un même cluster, voire dans certains cas, n’ont pas de solution de financement particulier pour proposer un mode “perpétuel” et global de maintenance pour l’ensemble, sans distinction.

Un grand merci à Bertrand et Mickael pour leur disponibilité. Vous voyez, je suis souvent gentil avec les constructeurs :)

Ha oui, je précise, ce n’est pas un billet sponsorisé ^^

Pour aller plus loin, rendez-vous chez Pure Storage : http://www.purestorage.com/content/purestorage-com-live/fr_fr.html
… et en particulier cet url avec des cas clients : https://www.purestorage.com/content/purestorage-com-live/fr_fr/customers.html

Réponses remarquables

  1. Gilles says:

    Salut les zamis,

    juste un petit témoignage pour compléter cette présentation de Pure.
    Je suis client depuis plus de deux ans chez Pure pour une baie Full Flash. (je précise que je ne suis pas sponsorisé non plus)
    Les points forts sont la facilité d’installation (iSCSI) et de gestion (interface pure1 et plugin vcenter), la facilité pour mettre en place un POC ( big up au commercial de l’époque et son avant vente comme disent les jeunes)
    Les performances: des copies de vm simultanées qui prenaient plus de 40 minutes auparavant pour 6 vms (sur md3200i), qui surtout plantaient la plupart du temps et devaient être fait à la main vm par vm ( copie de vapp vcloud director) se font en moins de 10 secondes aujourd’hui!
    Déduplication et compression à la volée ultra performante, aujourd’hui chez nous on a un taux de déduplication tel que pour presque 30 To vu côté vmware on occupe 1,5 To sur la baie ! ( notre cas d’usage est optimal pour les baies pures vu qu’on duplique pour nos test des environnements identiques aux confs applicative près).
    Je passe sur le support évoqué par Cédric.
    Vu notre taux de dédup le ROI est énorme (il faudrait que je demande une augmentation!) et l’argument comme quoi le Go de flash est largement moins chèr que le Go traditionnel prend tous son sens ( si il y a des intéressés je peux fournir des chiffres).
    Le gain d’agilité est aussi à mettre en avant: les temps de copies font que les équipes ne sont plus pénalisés lorsqu’il faut déployer/copier un environnement, on peut conserver plusieurs version des environnements sans occuper de l’espace.

    Le point un peu sombre était le fait de devoir passer la commande unmap pour libérer sur la baie l’espace effacé mais facilement scriptable et maintenant depuis la 6.5 de vsphere la réclamation d’espace se fait automatiquement sur les partition vmfs 6 ainsi que lorsqu’on supprime des fichiers dans les vms en thin provisionning sous win2012R2+ et les linux récents (les vms en thin “rapetissent” quand on supprime des données).
    A noter qu’un des évangélistes de Pure, Cody Hosterman est très actifs niveau scripts et automatisation de la baie (sour VRA notamment) et possède un excellent blog.

    Bref dans mon cas je suis un client content car le stockage n’est plus devenu un soucis dans l’exploitation de notre cloud interne.
    Reste le coût d’acquisition qui peut être élevé mais c’est très vite amorti et la mise en place d’un POC pour convaincre les plus sceptiques est comme je l’ai déjà dit très facile.

    Voilà si vous avez des questions n’hésitez pas !

    Gilles

  2. Bonjour Cédric,
    Comment vas-tu ? très intéressant ce billet et en effet PureStorage est une belle technologie.
    Je me permets d’intervenir car en fin de billet je vois :
    "acteurs actuels qui obligent à changer les composants arrivant en fin de maintenance au sein d’un même cluster, Dell EMC et Nutanix en tête."
    Maintenant représentant de Nutanix je voulais savoir comment tu en étais arrivé à cette conclusion concernant Nutanix car nous avons la même approche sur le renew hardware, Nutanix étant du software only (aucune dépendance avec le hardware, uniquement de la commodity) nous ne forçons aucun changement de matériel. Nos clients sont en général sur 5 ans ou 7 ans de maintenance, et arrivé au renouvellement il n’y aura pas de douche froide.
    Aujourd’hui nous supportons au sein d’un même cluster Nutanix 3 générations de CPU intel mixée (qui se suivent), à la 4eme génération il faudra sortir la génération la plus ancienne.
    Nous utilisons la fonctionnalité de lissage du masque CPU propre à chaque Hyperviseur (EVC chez VMware, Processor Compatibility Mode sur Hyper-V, pareil sur AHV (base KVM) et Heterogeneous CPU Pooling dans XenServer).
    Du coup je suis preneur de l’expérience qui t’a amené à cette conclusion pour en discuter :slight_smile:
    En espérant avoir la chance de te recroiser un jour prochain je te souhaite une bonne journée,
    Anthony

  3. cedric says:

    Hello Anthony ! J’ai appris effectivement que tu avais changé de crèmerie :slight_smile:

    Concernant le renouvellement des noeuds des systèmes scale-out, comme Nutanix, c’est une info intéressante. Plus précisément, par rapport à ce que tu dis : que se passe-t-il à la fin des 5 ans, par exemple. Nutanix propore des extensions de maintenance pour les noeuds hors garantie et à un prix linéaire par rapport à l’ammortissement réalisé par le client sur les 5 ans ? Ou alors proposez-vous des contrats qui englobent l’ensemble des noeuds, quelle que soit leur obsolescence ?

    Je veux bien des explications, car pour “les autres”, à chaque fois la réponse est la même : au client de gérer le cycle de vie de chacun de ses noeuds (je résume mais c’est l’idée que j’ai retenue).

    Pour la cohabitation des noeuds de génération différente, ok avec toi bien sûr, les systèmes de masking des features CPU existent depuis longtemps et sont là pour ça :wink:

  4. Désolé pour le délai, les journées sont chargées mais tu sais ce que c’est :slight_smile: si on pouvait avoir des journées de 48h :stuck_out_tongue: (remarque je suis sûr qu’on en voudrait plus).
    Pour l’exemple des 5ans, une fois arrivé au bout il y a 2 cas :
    S’il n’y a pas de renouvellement il n’y a plus de maintenance associée au serveur (node) c’est-à-dire plus de support hardware (changement de pièce), plus de support software (accès aux updates mineurs et majeurs) et plus d’accès au support utilisateurs. Logique, ici rien de spécial.
    S’il y a renouvellement la maintenance se poursuit, le prix du renouvellement (l’objet de notre échange ici) est linéaire tu prends le prix que tu as payé au départ (d’expérience il peut y avoir des cas où on a une variation jusqu’à 5 points d’écart qui pourra être discuter avec le responsable commercial)
    Je t’invite à prendre contact avec le CHU Clermont-Ferrand cela sera plus simple.
    Il existe aussi un autre mode de maintenance possible pour un node à savoir « perpétuel » qui couvre la vie du node.
    Note : par contre ce model de fonctionnement est celui appliqué par Nutanix, quand tu dis « Concernant le renouvellement des noeuds des systèmes scale-out, comme Nutanix », pour les autres éditeurs je ne sais pas.
    Anthony

  5. cedric says:

    Ok, merci pour les précisions.

    Je vais amender un peu mon billet, mon mini-troll était peut-être un peu dur :wink:

    Cédric

  6. cedric says:

    Bonsoir GIlles et merci pour ton témoignage, surtout sur les aspects de réduction de données, toujours intéressant dans “la vraie vie” par rapport aux discours marketings :wink:

  7. Gilles says:

    Juste pour en revenir à la maintenance il y a un point assez important qui peut être souligné, c’est que potentiellement le matériel ne sera jamais en fin de support. En effet au bout de trois ans de maintenance si cette dernière est renouvelée la baie est “rafraîchie” c’est a dire remplacée par le modèle équivalent en gamme du moment. En plus de l’ugrade matérielle on a potentiellement un stockage qui ne sera jamais en fin de vie ce qui peut être très intéressant dans le monde industriel. Je ne l’ai jamais vécu mais le basculement se fait à chaud (contrôleur par contrôleur) et assez rapidement.

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