vOneCloud 2.0 de OpenNebula, le vCloud Director killer ?

Note for the english speaking people, you can find the translated conclusions and prospects at the end of this post.

Je vais vous confier un secret : je trépigne d’impatience de vous présenter vOneCloud depuis plus d’un mois et demi ! En fait, cela date du début du mois de Mai, lorsque OpenNebula Systems, une société fondée en 2010 sur un modèle économique proche de RedHat et spécialisée dans le développement de portails de provisonning en mode Cloud, a annoncé l’arrivée prochaine de la nouvelle version majeure de sa solution “tout-en-un”, vOneCloud 2.0.

A l’époque, ils avaient indiqué que cette release serait disponible d’ici l’été. Mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai pris contact avec eux pour savoir s’il serait possible d’avoir une version “preview” sur laquelle je pourrais communiquer. Tino, le Vice-président de l’engineering chez OpenNebula, que je remercie grandement au passage pour sa disponibilité, m’a répondu dans la foulée “avec plaisir !”. Ils sont chouettes ces barbus quand même :)

Me voici donc en possession de cette première preview de vOneCloud 2.0, que je vous propose de découvrir, en avant-première s’il vous plait !

vOneCloud, kesako ?

vOneCloud est une solution intégrée de portail de gestion de cloud privé s’appuyant sur vSphere (au même titre que vCloud Director) et basée sur des concepts très simples directement dérivés de ceux de nos environnements VMware bien connus : réseaux, VM, templates, etc. … vOneCloud offre en outre une gestion hiérarchisée de Virtual Datacenters et capable de faire du multi-tenant via un système de Users et Groupes classique. Pour ne rien gâcher, vOneCloud est un portail full web et responsive, sans aucun plugin, dont l’interface très dépouillée est concentrée sur l’essentiel : la fonction et l’efficacité.

Petit historique

Il y a quelques mois, toujours dans ma quête d’une alternative à vCloud Director pour notre belle institution, je suis tombé sur OpenNebula Systems qui semblait proposer un produit aux spécifications très alléchantes, vOneCloud 1.8. Je me suis empressé de tester cette solution d’autant que son installation simplissime se prêtait particulièrement à une évaluation rapide : une belle OVA avec tout ce qu’il faut pour démarrer en quelques minutes.

Mais après une heure ou deux de découverte, je constatais vite des limites assez bloquantes pour l’usage potentiel que je comptais en faire : il était impossible de “gérer” la notion de datastore et certaines fonctions semblaient encore assez brouillonnes ou non matures. Il fallait donc patienter, mais déjà à l’époque, vOneCloud était bien né et on sentait déjà tout son potentiel.

vOneCloud 2.0

Cette nouvelle version majeure basée sur les composants de OpenNebula 5.0 (son moteur) est distribuée sous forme d’appliance virtuelle, déployable en quelques minutes et dont l’interface et les fonctions ont grandement évolué : gestion des datastores vSphere, interface plus claire et plus logique à certains égards, bref, que du bon sur le papier.

Installation

Comme déjà évoqué, l’installation est fort simple : vous déployez l’OVA fournie, vous démarrez l’appliance. Une fois booté, il ne vous reste qu’à terminer la configuration via la console (Linux) à savoir : le paramétrage IP, les credentials de l’administrateur du portail et vous êtes parés !

Première connexion

La première chose à faire consiste à se connecter à l’interface d’administration de l’appliance elle-même (différente du portail cloud proprement dit) afin de démarrer les services et configurer les services additionnels, éventuellement.


vOneCloud, comme vous pouvez le voir sur les copies d’écran ci-dessus, est capable de s’interfacer avec un annuaire Active Directory, pour toute la gestion des credentials. Il support -evidement- le SSL et dispose, au besoin, d’un support professionnel en mode souscription auprès d’OpenNebula.

Une fois l’appliance correctement configurée et démarrée, on peut commencer à s’amuser un peu. Le portail est accessible directement en utilisant les credentials indiqués.

Comme je vous l’indiquait au début, vOneCloud est clairement une solution s’appuyant sur vSphere, même si dans la nouvelle interface 2.0 on voit apparaître quelques options ça et là indiquant la volonté de s’émanciper de l’écosystème VMware au profit d’autres solutions de virtualisation, KVM en tête. Pour pouvoir exploiter les ressources d’un vCenter, vous devez d’abord ajouter un “host” de type VMware vCenter. L’appellation “host” est d’ailleurs un peu curieuse, car elle diffère de la notion habituelle de host ESXi qu’on emploie régulièrement (précision : vOneCloud est compatible vSphere 5.5 et 6.0).


Vous noterez que lors de la connexion à vCenter, vous devez indiquer quels clusters (au sens VMware) vous allez utiliser pour votre infrastructure cloud. C’est important car c’est au sein de ce/ces clusters que vous provisionnerez ensuite les VMs. On retrouve ici le même principe que vCloud Director avec l’affectation de ressources lors de la déclaration des VDC Providers.

La gestion des datastores fait partie des grandes nouveautés de vOneCloud 2.0, je l’ai dit. Pour autant, elle n’est pas “strictement nécessaire”. En effet, le provisionning repose quasi exclusivement sur la notion de clone de template, l’interface est en effet très orientée vers ce principe de dérivation d’un cloud depuis un catalogue de service initial. Or, par défaut, si vous instanciez un template donné (on verra dans la suite comment les créer), la VM créée va être automatiquement placée sur le même datastore que celui du template. Ce n’est pas idéal, mais pour un environnement de test/dev ce n’est pas si gênant et cela vous économise la gestion du stockage.

On peut donc déclarer les datastores qui pourront être mis à disposition des clients pour provisionner leurs VMs. Pour se faire, comme pour la partie vCenter initiale, vous allez vous connecter au vCenter et récupérer une liste des DS disponibles, charge à vous ensuite de cocher ceux que vous souhaitez utiliser dans vOneCloud.

Même chose pour les réseaux, vous devez les importer de vCenter afin de pouvoir les connecter à vos VMs. Il est également possible de créer de toutes pièces des réseaux virtuels basés sur OpenvSwitch, sur du bridging Linux, sur 802.1q etc. … j’avoue que je n’ai pas du tout creusé ces options et je ne pourrais pas vous en dire plus sur les possibilités offertes par cette méthode pour le moment. J’imagine qu’on doit pouvoir générer par ce biais les mêmes réseaux isolés et/ou routés que l’on peut trouver sur vCloud Director.

De même, il est possible de créer des templates de VM spécifiques dites “Virtual Routers” dont l’ambition est de fournir une alternative aux fonctions “edge” proposées par vCloud Director avec vShield ou NSX. De ce coté, je suis pour le moment assez frustré de ne pas pouvoir vous en dire plus, mais preview aidant, je n’ai pas encore toutes les billes et surtout le mode opératoire pour mettre en oeuvre et exploiter ces VM spécifiques. Il faudra sans doute faire un focus sur les technologies réseau de vOneCloud lorsque la distribution sera effectivement GA. C’est d’autant plus important qu’une des forces d’un SDDC est précisément de proposer des fonctions réseau avancées permettant l’isolation et la cohabitation d’environnements. maj: OpenNebula vient de me transmettre une documentation non finalisée des fonctions “Virtual Routers” ! Je me penche dessus dès que possible et je vous prépare un billet spécifique sur ce sujet.

On passe maintenant à la création des templates qui serviront d’étalon et de base à notre catalogue de service. Deux options s’offrent à nous : soit l’importation directe d’un template issu des templates déclarés sur vCenter ou la création pure et simple. Une fois importés, vous pouvez modifier les paramètres de chaque template en y indiquant, par exemple, que l’utilisateur aura le choix du datastore sur lequel la VM instanciée sera créée. Sans rentrer dans le détail, vous pouvez aller très loin dans la customisation de ces modèles afin qu’ils soient adaptés à vos besoins.

Enfin, on arrive à la création des VMs proprement dites. La encore, je ne vais pas détailler mais globalement, l’interface est simple, efficace et les possibilités de manipulation sont équivalentes à ce que l’on connait sous vSphere, y compris le mode console en full HTML5 et sans problèmes de clavier international … VMware devrait en prendre de la graine !

vOneCloud offre également des tableaux de bord adaptés aux différents type d’utilisateurs, du simple consommateur de cloud à l’administrateur. Voici quelques exemples de présentations :

Conclusion et perspectives

En l’état, la preview de vOneCloud apporte un grand nombre d’améliorations par rapport à la 1.8, autant cosmétiques que fonctionnelles. On s’approche clairement d’un équivalent Open Source à vCloud Director. Malgré tout, la partie réseau reste une zone très floue pour le moment, principalement par manque d’information de ma part, donc je ne ferai pas de commentaire ici. Il n’en reste pas moins que cette distribution mérite amplement que vous y jetiez un œil, voire les deux : une interface à l’état de l’art, des fonctions très bien présentées et très riches, une approche pragmatique des concepts SDDC, le tout maintenu et entretenu par une société qui a le vent en poupe actuellement et qui semble avoir la volonté nécessaire pour à terme concurrencer les plus grands. Cela devrait faire partie des alternatives sérieuses à considérer lorsque vous ferez votre choix de renouvellement/refondation de votre cloud privé basé sur vCloud Director.

Enfin, étant donné que les ingénieurs d’OpenNebula sont anglophones, le minimum que je pouvais faire c’était de traduire mes conclusions, ne serait-ce que pour les remercier de leur confiance :

As it stands, the preview vOneCloud brings many improvements over the 1.8, both cosmetic and functional. It is clearly a potential open source challenger to vCloud Director. Still, the network portion have to be deepdive studied at the moment. It remains that I strongly encourage you to take a further look : a “state of the art” web design, rich functions, a pragmatic approach to SDDC concepts, all kept and maintained by a company that is currently on the rise and seems to have the will to compete with larger ones. This should be a serious alternative to consider when making your choice of renewal / rebuilding your private cloud based on vCloud Director

3 thoughts on “vOneCloud 2.0 de OpenNebula, le vCloud Director killer ?

  1. Merci Cedric pour ce billet très intéressant sur vOneCloud 2.0 qui semble apporter une très belle alternative pour la succession de vCloud Director. Je me penche sur ce produit très rapidement !

  2. Nicolas says:

    Merci de cette analyse. Le produit est effectivement très bien intégré à vSphere et au vCenter, du coup c’est également une alternative à des produits comme CloudStack, bien trop lourds et orientés provider pour répondre au besoin de disposer d’un portail sympa de consommation IAAS, facilement déployable et surtout qui ne réinvente pas la poudre par rapport à ce que fait déja le vcenter (modèles, vxlans, ….).
    Je rajoute qu’on peut facilement importer ses vms existantes (pas besoin d’export/import OVF très lourds) et réimporter ce que l’on fait dans le vcenter, donc on est pas verrouillé dans le produit si un jour on veut le supprimer.

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