Scaleway : pas assez cher mon fils !

J’ai souvent coutume de faire de la pub, quand je le peux, pour les offres “cloud” innovantes que j’ai l’occasion de découvrir tout au long de mes pérégrinations professionnelles ou personnelles. Après avoir plusieurs fois parlé de notre champion européen OVH, mais aussi de Ravello et vCloud Air, je vous présente aujourd’hui un “petit nouveau” qui monte très très vite : Scaleway.

En fait de petit nouveau, derrière Scaleway se cache en fait un poids lourd de l’hébergement en France et en Europe, j’ai nommé Online. La filiale d’Iliad a lancé récemment (moins d’un an) une nouvelle marque associée à un nouveau service reposant sur deux concepts principaux : une facturation à l’heure (ou au mois, on le verra) et un service d’hébergement extrêmement souple dont le stockage actif est basé exclusivement sur la technologie SSD.

Vous me suivez ? C’est parti pour la découverte du service !

Présentation commerciale

La première chose qui tranche par rapport aux hébergeurs classiques, c’est la simplicité : 3 gammes de serveurs sont proposées. La première, baptisée “C1” est novatrice à plus d’un titre : d’une part elle est basée non pas sur la technologie x86 mais ARM et d’autre part son coût mensuel est littéralement dérisoire avec 2,99€ par mois. La seconde, l’offre “C2”, est plus “ordinaire” au moins en terme de tarification et propose des serveurs dédiés x86. Enfin, la dernière proposition, les “VC1”, sont des VPS x86, des serveurs virtuels hébergés sur des infrastructures partagées, des bonnes vieilles VM en somme :) . La aussi, les coûts sont très compétitifs avec une configuration “S” démarrant à seulement 2,99€ par mois.

Coté stockage, là, on rentre de plein pied dans ce qui fait l’originalité et la force de Scaleway : toutes les configurations sont hébergées sur du stockage SSD. D’autre part, les coûts des volumes sont très bas : 1€ par mois par tranche de 50 Go. De base, chaque machine dispose, dans son coût mensuel, d’un volume de 50 Go, bien suffisant si vous souhaitez héberger quelques sites webs et quelques emails.

Donc, déjà, avant même de rentrer dans la partie technique, l’offre est alléchante et doit au moins titiller votre curiosité !

Le stockage, c’est la clef

Mais, alors, le stockage Scaleway, c’est quoi exactement ?

Quelle que soit l’offre choisie, le stockage associé à votre serveur est distribué sous forme de “volumes”. Par défaut vous disposez au moins d’un volume système de 50 Go, ensuite, suivant les configurations, vous pouvez ajouter plusieurs volumes complémentaires allant de 50 à 150 Go. Ces volumes sont tous (à l’exception des DSSD, j’en parlerai tout à l’heure) des volumes réseau au départ et créés comme tels. Au moment du “lancement du serveur”, la configuration est placée sur un serveur adapté puis les volumes sont “copiés” vers le stockage primaire en SSD et enfin attaché à la machine sous forme de volumes réseau mais vus par l’instance comme des volumes locaux.

De ce que j’en comprend, l’instance du serveur ressemble furieusement en fait à une instance docker : l’OS “natif” bar métal boote la machine puis ensuite, le noyau “user” qui dépend du type de distribution choisie s’exécute et déroule un boot classique Linux.

Si on lit entre les lignes des opérations de création et de lancement de serveurs, on imagine qu’il existe en fait deux environnements de stockage bien distincts : un repository très capacitif qui contient l’ensemble des volumes créés et un stockage primaire full ssd qui héberge l’ensemble des volumes actifs connectés à des serveurs via un réseau back-end très haut débit. Accesoirement vous comprenez aussi qu’ à chaque opération d’arrêt de machine, Scaleway va vous proposer de “sauvegarder” les volumes associés à la machine au sein du repository et inversement lors du démarrage. Si vous ne disposez que d’un volume de 50 Go, c’est relativement rapide, mais dès que vous ajouter des volumes complémentaires, les temps de copie peuvent prendre plusieurs dizaines de minutes, à anticiper lors les maintenances ;)

Cette méthode simple et élégante de provisionner la volumétrie des serveurs vous offre plein de fonctions assez géniales, notamment pour les environnements de type test & dev. En effet, vous pouvez réaliser un snapshot de chaque volume ou même le cloner pour pouvoir dupliquer un environnement donné. Mieux, vous pouvez déplacer et attacher (sous certaines conditions tout de même) les volumes à des serveurs différents en fonction de vos besoins. L’exemple le plus simple est l’upgrade de machine : vous êtes sur un VPS disposant de 4 Go de RAM et vous souhaitez passer à un vrai dédié équipé de 8 Go car vos besoins en compute ont évolués… pas de souci, vous arrêtez l’ancienne machine en sauvegardant les volumes existants, puis vous attachez ces mêmes volumes à la nouvelle configuration… plus de migration, tout se fait à la console de gestion en quelques clics.

Evidemment, les limites existent : vous ne pouvez pas déplacer un volume système d’un environnement x86 vers un C1 sous ARM, ça ne risque pas de booter… de même certaines configurations sont bridées en terme de volume. Ainsi le VC1M (médium) n’est capable d’accueillir que 100 Go de volumétrie maximum, donc impossible de lui attacher un volume de 150 Go, par exemple.

Je me suis pas mal amusé avec ces fonctions de copie/déplacement/snapshot et c’est vraiment souple et assez bluffant. Malgré tout, de mon point de vue, les temps de copie entre le repository et le stockage primaire sont parfois très longs (plus d’1h30 pour une recopie de deux volumes de 50 et 150 Go …). De plus, pour le moment, vous ne pouvez réaliser des snapshots que lorsque les volumes cibles ne sont pas utilisés. Cela signifie qu’il faut éteindre votre serveur pour réaliser un instantané, puis le relancer ensuite. A priori, les ingénieurs de Scaleway travaillent d’arrache-pied pour faire sauter cette limitation.

Un petit mot à propos du DSSD, acronyme de Direct SSD : sur certaines configurations de C2, vous avez la possibilité de disposer d’un volume un peut différent de ceux dont j’ai déjà parlé. Il s’agit en fait de profiter d’un volume cet fois-ci pûrement local et donc non répliqué dans le repository. Certes, cela permet d’avoir des temps de réponse et des performances garanties, mais le revers de la médaille c’est que si vous arrêtez votre machine, vous perdez irrémédiablement les données présentes sur ce disque.

Et le réseau dans tout ça ?

Qui dit hébergement dit évidemment connectivité Internet et fonctions réseau. Une première originalité “comprise dans le prix” est la possibilité de gérer des groupes de règles pare-feu en dehors des serveurs hébergés. Vous pouvez donc créer des groupes de sécurité disposant de règles spécifiques et les appliquer à loisir sur tout ou partie de vos serveurs. En gros, ces fonctions vous permettent de mettre en place un pare-feu périmètrique devant vos machines.

Seconde originalité : vos serveurs ne portent pas nativement d’IPv4 publique mais une IPv4 privée. Lors de la création de la machine, vous pouvez choisir d’en réserver une spécifique … ou pas ! En somme on peut tout à faire imaginer mettre en place des serveurs frontaux diposant d’une connectivité publique, quant des serveurs back-end ne sont accessible que via le réseau privé de Scaleway. La conséquence de la non adhérence des serveurs avec leurs IPv4 publiques c’est que vous pouvez “faire suivre l’ip publique” d’une machine A vers une machine B (reprenez l’exemple de l’upgrade d’un serveur, l’IPv4 suit aussi … que du bonheur pour vos enregistrements DNS !)

L’IPv6 n’est pas oublié non plus, mais il est encore très jeune et il va sans doute fortement évoluer dans les mois qui viennent. Aujourd’hui, vous pouvez activer l’IPv6 sur toutes les configurations x86 (mais pas encore les C1 ARM). Une fois ceci fait, vous obtenez une et une seule IPv6 publique qui est liée à la machine “hardware”. Cela signifie que si vous arrêtez votre machine pour maintenance et que vous la relancez ensuite, par le mécanisme de commissionnement dynamique déjà évoqué, vous avez un risque non négligeable que l’IPv6 change. Pour le moment, donc, on peut considérer que la prise en charge de l’IPv6 est partielle. En gros, il nous manque la possibilité de “commander” des ranges génériques dé-correlés des machines physiques, comme les IPv4 en somme.

La facturation

Un petit mot sur le mode de facturation de Scaleway. Il est parfaitement expliqué dans l’aide en ligne, mais je tenais à le paraphraser car il est assez original pour y consacrer un paragraphe entier, je pense.

En effet, par défaut lors que vous créez des ressources et que vous les utilisez (serveur, volume, snapshot, adresse IPv4 réservée), le compteur tourne et travail en mode horaire… jusqu’au seuil de 500 heures (un peu plus de 20 jours). Passé ce stade, la facturation à l’heure s’arrête au profit d’une “forfait mensuel” correspondant à ce que vous utilisez. En somme, si vous consommez certaines ressources moins de 20 jours par mois, vos coûts seront inférieurs à la facturation mensuelle et vous y gagnerez au final.

Avec ce système hybride, on gagne sur les deux tableaux : on a la souplesse du provisionning Scaleway mais la facturation ne s’envolera jamais au delà des offres mensuelles. A noter aussi que l’interface de gestion vous permet, chaque jour, d’avoir une facture “brouillon” qui vous donne un aperçu au jour le jour de votre consommation : bonne idée !

Enfin, et ce n’est à mon sens pas assez mis en avant sur le site : tous les prix annoncés s’entendent hors-taxe. Pensez donc à bien rajouter la TVA, si vous y êtes assujéti.

Conclusion

Voila, pour l’essentiel, l’offre Scaleway. Vous l’aurez compris, j’ai été assez emballé par la philosophie de l’offre et toute la souplesse stockage et réseau qu’elle apporte. Evidemment, vu la jeunesse de cette marque, il manque encore de maturité sur certaines fonction, on en a parlé, mais ne doutons pas de la volonté affichée de la société de fortement progresser dans les mois qui viennent. Avec des coûts hyper agressifs et une approche vraiment innovante par rapport à ses concurrents (les VPS SSD d’OVH, par exemple), nul doute que cela va dynamiser encore plus un marché déjà très actif et désormais mondialisé.

En tout cas, cela fait vraiment plaisir de voir un hébergeur Français, encore un, proposer des choses aussi originales et au fort potentiel de croissance !

4 thoughts on “Scaleway : pas assez cher mon fils !

  1. Thomas says:

    Pour l’innovation c’est excellent, et j’ai parfois lancé des instances uniquement pour le déploiement en moins d’une minute, mais à l’usage les performances CPU sont désastreuses. Même avec un Bare-Metal profitant d’un CPU dédié, le résultat est plus lent qu’avec un VPS basé sur du Intel E3 ou E5.
    Pour un serveur web utilisant php, les autres solutions “cloud” sont 4 à 10 fois plus rapide selon les applications.

    • Cédric Cédric says:

      Bonsoir Aurélien,

      Après quasi 8/10 mois d’utilisation, coté perfs disque, vraiment aucun souci. Ce qui pèche un peu c’est le partage de CPU (pour les VPS), je sens des lenteurs de temps en temps, mais bon, pour mon utilisation, vraiment rien de bloquant, notamment face au prix :)

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