Rognotudju !

Haaa ! Ce bon vieux CAPS, une manière imagée et très visuelle de se lâcher un peu, d’essayer d’imposer ses vues à ses lecteurs. Je sais, ce n’est pas joli joli, mais là, il fallait que ça sorte. Alors quoi ? Quel est donc le souci avec les CPUs ? Pour être plus précis, il s’agit de dénoncer les pratiques ubuesques de certains fournisseurs vis à vis des dossiers de préconisations que l’on reçoit régulièrement lorsqu’un projet démarre et qu’une nouvelle infrastructure virtualisée se fait jour. Avant toute chose, il faut rendre à César ce qui est à César, en général, les équipes techniques chargées d’accompagner la mise en oeuvre de l’application cible sont relativement raisonnables quant il s’agit de mémoire vive et de capacités disques. En effet, de ce coté là, on reste dans des limites acceptables, qui sont principalement liées aux OS invités et aux différents middleware concourant à faire fonctionner l’ensemble.

Par contre, il y a un vrai déni d’expertise quand on commence à parler de vCPU. La tendance actuelle étant clairement à la surenchère en la matière… et vas-y que je te demande un petit 16 vCPU pour une bécane qui va travailler pour 10 users et faire du transactionnel Oracle. Et vas-y que je ne me pose aucune question : “ça marche sur une machine physique à 32 coeurs, on va demander 32 vCPUs pour la VM équivalente”. Ben voyons, et vous ne voulez pas que je vous nettoie le pare-brise aussi ? Petit rappel utile à tous ces gens : même si on parle de plus en plus de “commodity hardware” pour nos hyperviseurs, malgré tout, ces machines COÛTENT CHER et nos budgets sont loin d’être illimités.

Soyons deux secondes sérieux… qui n’a pas déjà constaté dans sa production VMware un taux alarmant de “reclaimable vCPUs” correspondant au moins à la moitié des vCPU provisionnés ? Qui ne s’est jamais désolé devant des VMs de 8 vCPUs dont les diagrammes d’utilisation sont désespérément plats, au moins autant que l’électro-encéphalogramme de la personne qui a exigé cette puissance avec un arguments imparables bien sûr : PARCE QUE SINON JE N’ASSURE PAS LE SUPPORT. Pire, qui n’a pas déjà constaté avec effroi que les hyperviseurs luttaient à placer les milliards de VM de 16 CPUs alors que les VMs elles-mêmes se doraient la pilule en attendant les requêtes utilisateurs (Hooo, le beau CPU Ready à 40% …) ?

Bref, ARRETEZ AVEC LES vCPUS ! Une VM, par définition, c’est souple, c’est extrêmement flexible, ça se reboote en dix secondes, voire, quand l’application n’est pas trop mal faite et que l’OS invité n’est pas ante-diluvien, ça s’étend à chaud ! Soyez sereins, raisonnables et surtout réalistes. Ecoutez les responsables et/ou experts de la virtualisation : s’ils vous disent que cette machine peut largement tourner avec 2 vCPUs seulement, ce n’est pas parce qu’ils sont radins (enfin … pas que ^^), c’est tout simplement parce qu’ils ont RAISON dans 95% des cas.

Alors, oui, c’est vrai, en général, la plupart des techniciens et ingénieurs savent désormais pertinemment que la débauche de CPU et mémoire n’est en général pas la solution à des problèmes de performance. Mais ces mêmes personnes on tendance, encore aujourd’hui, à céder face aux méchants responsables du support “qui ne veulent pas de problème” et imposent de manière totalement arbitraire des dimensionnements qui datent du début des années 2000, où les productions bien dures et physiques étaient encore reines.

Pour autant, messieurs les administrateurs, n’abandonnez pas la lutte, gardez votre joli tromblon et sortez-le ouvertement lorsqu’une nouvelle “monster VM” se pointe à l’horizon. Fournissez des courbes, des preuves tangibles, des arguments de poids (vRealize Operation est idéal pour cela) et tenez tête à vos “opposants”… à force de batailles, on la gagnera cette guerre et on pourra enfin capitaliser au maximum sur nos investissements en compute !

Je profite d’ailleurs de ce coup de gueule pour faire un petit “check” amical à Pierre-Yves d’Econocom, avec qui j’ai particulièrement discuté de ce problème de fond récemment… on en est pas venu à noyer notre chagrin dans l’alcool, mais on aurait pu, tellement cela nous affecte au quotidien :)