Salut à tous ! Il y a bien longtemps, je vous avais présenté XCP-ng et Xen Orchestra, les concurrents plus ou moins directs de ESXi et vSphere à l’époque… Depuis plus de 3 ans maintenant, les choses ont bien changé avec une politique très agressive de licensing chez Broadcom, le propriétaire de VMware, et Vates, l’éditeur Français de Xen Orchestra, a le vent en poupe (notamment grâce à ce contexte favorable pour eux). L’heure est venue pour moi (et pour vous, j’espère !) de faire le point.

Vates a grandi depuis 2022, année où je m’étais intéressé à cette jeune pousse française. Je ne vais pas vous refaire son histoire complète, d’autant que j’ai eu l’occasion et le plaisir d’échanger avec Olivier Lambert, son CEO, il y a quelques mois (voir ici). Désormais, Vates est une société très cosmopolite de plus de 130 personnes, qui a beaucoup travaillé sur ses produits bien sûr, mais aussi à étoffer son réseau de partenaires (on voit désormais arriver, notamment dans la santé, des intégrateurs comme Computacenter et Axians) et à progresser dans le monde du cloud européen, avec Cloud Temple par exemple (leurs premiers clients étaient plutôt de l’autre côté de l’Atlantique).

En ce qui concerne leurs produits, on retrouve toujours le socle XCP-ng/Xen Orchestra, mais aussi désormais des partenaires de croissance, avec mes chouchous de chez EasyVirt, ou encore HPE avec son offre Morpheus/VM Essentials, et même des nouveaux entrants qui poussent fort dans la communauté open source avec PegaProx et ProxCenter.

Ce n’est donc pas de tout repos que d’essayer de tester et de creuser cet écosystème en devenir. Malgré tout, pour les abonnés récents de vBlog, c’était le bon moment pour moi de vous re-présenter plus simplement XOA et XCP-ng, alors que les deux solutions deviennent de plus en plus matures.

Histoire de faire de la tech tout en parlant de Vates et de Stratégie (on ne se refait pas), je vais utiliser une approche un peu différente aujourd’hui, en vous présentant Xen Orchestra, XOA pour les intimes, construit directement depuis les sources GitHub, ainsi que la doc assez bien faite et fournie directement par Vates.

Sachez, je le rappelle mais ça va mieux en le disant, qu’il existe une méthode beaucoup plus rapide et directe pour déployer Xen Orchestra, mais je vous laisse la découvrir ici (une fois votre premier XCP-ng déployé).

La base : installer sur Linux Debian Trixie (13)

Xen Orchestra est avant tout basé sur une Linux Debian standard, même si elle peut être déployée sur d’autres distributions bien sûr car basée avant tout sur des outils comme NodeJS, Redis et Yarn un gestionnaire de packages javascript concurrent de npm je crois. Bref, on se lance et on installe Xen Orchestra !

Désinstaller nodejs si déjà présent (je me suis fait avoir)

Première chose qui vous évitera des ennuis si ensuite vous voulez préparer une script de lancement systemed par exemple … et constater après une vingtaines de tentatives infructueuses que j’avais une vieille version 20.10 de nodeJS déjà installé de base sur ma distro Trixie … RTFM comme toujours (car Vates le mentionne).

Installation de Homebrew

Brew, j’espère que vous connaissez, et si ce n’est pas le cas, ruez-vous vers ce gestionnaire d’installations multiplateforme assez génial (surtout pour les Mac Users). L’installation est triviale sous Linux, donc je vous laisse faire 🙂

Installation simplisme de NodeJS à partir d’une Trixie fraîchement installée avec brew

Installation de Yarn, disponible directement via le site officiel

Installation de Redis (depuis le site officiel)

Build et premier run de Vates Xen Orchestra !

… ensuite on compile et déploie Xen Orchestra :

… enfin, quelques paramètres dans le fichier de config …

… et zoo ! Lancement de Xen Orchestra :

C’est terminé, la première instance Xen Orchestra se lance directement en XOA6 (avec XOA5 en dessous, car tout n’est pas encore porté sur XOA 6 actuellement) :

Le moins que l’on puisse dire c’est que ça a bien changé, ne serait-ce qu’au niveau de l’ergonomie, beaucoup plus professionnelle, de mon point de vue et plus proche de XO-Lite la version embarqué de XO sur chaque serveur XCP-ng qu’on découvrait en tech preview en 2023 et qui annonçait une refonte complète de l’interface. Aujourd’hui tout n’est pas porté encore mais on voit que Vates a vraiment réfléchi, moins en terme de tech qu’en terme d’ergonomie actuelle (comme c’était le cas avec XOA5, avec certaines logiques un peu « bizarres » ou en tout cas, difficiles à intégrer au départ).

On retrouve toujours XO5 derrière évidemment, étant donné que XO6 est loin d’être terminé. On est souvent redirigé sur l’ancienne interface dès qu’il faut intervenir sur la configuration de XOA. De même, comme on est sur une build from Sources, pas de Hub ni de proxys. Xen Orchestra est fourni « nu » sans accessoire, mais totalement fonctionnel malgré tout. Pour un lab c’est parfait.

Une des spécificités et des forces de XCP-ng, outre sa stabilité et sa sécurité grâce à son hyperviseur Xen (issu du Xen Project), c’est aussi son jeu d’API rétrocompatible avec les produits de Citrix, qui en ont constitué les fondations (Citrix Hypervisor, anciennement XenServer). De facto, quasiment tout peut être géré directement en CLI via les API Xen, et les serveurs XCP-ng sont quasi autonomes, notamment en ce qui concerne les pools, les SR (Storage Repositories) et les réseaux de pool. Si Xen Orchestra n’est pas présent ou a planté, et si vous êtes un kador de la CLI, vous pouvez quasiment tout gérer depuis un prompt SSH !

Ce n’est pas le cas de nos ESXi chez VMware… C’est une philosophie assez différente, que je trouve vraiment appréciable (assez proche de Proxmox aussi, finalement).

La console de chaque hyperviseur est fournie avec un menu d’administration qui permet beaucoup de choses, notamment connecter un SR (NFS ou iSCSI, par exemple) ou intégrer un pool de ressources pour mettre en commun et utiliser les ressources déjà provisionnées sur d’autres hôtes XCP-ng. Bref, toute une série d’outils utiles…

Enfin, Vates propose désormais directement (depuis la conclusion d’un partenariat stratégique il y a quelques mois) l’installation de DCscope et DCnetscope, compléments parfaits pour la gestion du FinOps, du capacity planning et de l’empreinte carbone, ainsi que pour le suivi des flux réseau au sein de vos clusters de virtualisation.

En quelques années, Vates est passée du statut de startup prometteuse à celui d’alternative crédible et mature face à VMware, portée à la fois par la qualité de ses produits et par un contexte de marché qui lui est très favorable. Avec XCP-ng et Xen Orchestra, on dispose d’un socle ouvert, robuste et entièrement pilotable en CLI, désormais enrichi par des partenaires qui couvre des besoins bien au-delà de la simple virtualisation.

Reste à voir comment cet écosystème va se structurer dans les mois à venir, mais une chose est sûre : le paysage de la virtualisation n’a jamais été aussi ouvert, et c’est plutôt une bonne nouvelle pour nous tous, en particulier en Europe car on en a clairement besoin !

Références :
– Les sources de Xen Orchestra : https://github.com/vatesfr/xen-orchestra
– Installing XO from sources : https://docs.xen-orchestra.com/getting-started/install-from-sources
– L’entretien d’Olivier Lambert, CEO de Vates : https://vblog.io/interview-dolivier-lambert-ceo-de-vates/
– Yarn : https://yarnpkg.com/getting-started

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *