Je continue mes recherches sur les environnements Proxmox, cette solution étant de plus en plus envisagée par la direction de notre service pour alléger le poids énorme que représente, hélas, VMware depuis son rachat par Broadcom. Depuis quelques jours, j’ai découvert PegaProx, une application dont l’ambition est ni plus ni moins de remplacer la gestion des clusters Proxmox, tout en y intégrant des fonctionnalités avancées qui font cruellement défaut à cet hyperviseur lorsqu’on le compare directement au couple ESXi/vCenter.

Un des gros manques historique de Proxmox, c’est le load balacing au sein d’un cluster , qu’on connait bien dans le monde VMware avec DRS et plus récemment predictive DRS. Il existe déjà des solutions intéressantes pour remplir cette absence, comme le très connu et apprécié ProxLB. Par ailleurs, je vous ai présenté la solution pulse, qui donnait un coup de frais à l’interface de Proxmox mais n’apportait pas grand chose fonctionnellement à l’écosystème.

PegaProx, lui, a un objectif beaucoup plus ambicieuse et promet une expérience d’administration complète, capable de rivaliser, voire de remplacer, l’interface native de Proxmox. Le site officiel très clair et joli comme tout (bon, les goûts et les couleurs, je sais bien …) met en avant une richesse fonctionnelle impressionnante, avec une interface pensée pour répondre aux besoins quotidiens des équipes IT, sans sacrifier la puissance ni la flexibilité.

Il existe plusieurs méthode d’installation. Personnellement j’ai d’abord utilisé l’installation à partir d’une VM type Debian Trixie, avant d’utiliser la méthode la plus simple à mes yeux : la restauration de l’image de backup proposée sur le site. Voici rapidement le déroulé du wizard de configuration initial.

Installation via restauration du backup Proxmox

J’ai détecté un petit bug dans le wizard d’ailleurs : lorsque vous choisissez DHCP, tout fonctionne bien mais l’assistant vous indique encore l’IP par défaut même une fois le bail récupéré (l’ip 192.168.100.179 dans la trace ssh que vous ai affiché, alors que l’ip réel de la machine est 192.168.200.116). Détail, certes, je vais essayer de remonter ça aux developpeurs 🙂

Ce qui frappe en découvrant PegaProx, c’est son approche : l’outil ne se limite pas à afficher des métriques ou à simplifier quelques tâches de maintenance. Il propose une refonte totale de l’expérience utilisateur, avec une ergonomie léchée et des fonctionnalités qui couvrent l’essentiel des opérations d’administration (hormis quelques fonctions très avancées comme la gestion du SDWAN ou la configuration des Disques/Partition). L’objectif est clair : offrir une alternative sexy et crédible à ceux qui, tout en appréciant la robustesse de Proxmox, trouvent son interface parfois trop technique ou peu intuitive pour un usage quotidien (c’était exaxctement la conclusion que j’avais donnée à mes collègue il y a trois an quand j’avais présenté Proxmox). Ici, tout est déjà là pour s’afficher comme une alternative à vCenter !

Configuration du premier cluster :

Des écrans pour vous donner envie !

Quelques fonctions qui m’ont marqué (parmi a tonne existante …)

Une fonction que j’ai trouvé excellente et qui est assez compliquée dans proxmox au départ, c’est la configuration de la compatibilité de vos processeurs dans vos cluster (équivalent de la fonction EVC dans vCenter). PegaProx vous dit la configuraton CPU que vous devez avoir sur vos VMs pour maximiser le fonctionnement du live-migration (vMotion pour les fanas de VMware) :

La gestion des utilisateurs est, elle aussi, particulièrement bien fournie en fonctionnalités avec la présence de RBAC qui vont jusqu’à la gestion des droits à la VM ainsi que la possibilité de créer des tenants :

Ca n’a l’air de rien, mais le panneau d’affichage des fonctions disponible pour une VM est particulièrement bien conçue et ergonomique, j’adore. Pour quelqu’un qui doit gérer un cluster de quelques centaines de VM au quotiden, c’est assez génial je trouve. J’ajoute que pour chaque VM vous avez accès aux fonctions avancées :

Même les fonctions de firewall sont intégrées au sein de chaque datacenter (au sens proxmox du terme) :

On notera aussi que PegaProx présente aussi une « barre de tâches » à la manière de Proxmox ou vCenter, histoire de retrouver des concepts graphiques déjà connus par les équipes de production :

Une grosse contribution de Gyptazy

J’ai eu le plaisir, en entendant parler de PegaProx, de découvrir que Florian (alias Gyptazy), le développeur de ProxLB, y était lié. J’ai d’ailleurs eu le plaisir d’échanger avec lui sur LinkedIn. Il m’a précisé que l’équipe de PegaProx a intégré dans leur code plusieurs de ses projets open source, publiés sur GitHub, comme ProxLB, mais aussi ProxCLMC (le détecteur d’EVC) et ProxSnap (le gestionnaire de snapshots). N’hésitez pas à faire un tour sur son dépôt, c’est vraiment passionnant ! Merci à lui pour cet échange. 😊

Conclusion

De ce que j’ai pu lire ça et là, les retours des premiers utilisateurs soulignent une stabilité remarquable et une réactivité qui tranche avec certains outils concurrents, souvent limités à des rôles de supervision passive. Que ce soit pour gérer des clusters, déployer des conteneurs ou surveiller les performances en temps réel, l’interface se veut à la fois puissante et accessible, une chose assez rare dans l’opensource, même si on sent une maturité qui s’accroit depuis quelques années. Les développeurs semblent avoir pris soin d’écouter les frustrations des administrateurs, en intégrant des fonctionnalités qui font souvent défaut dans les solutions existantes, comme une gestion centralisée des alertes ou des tableaux de bord personnalisables.

Enfin, PegaProx débarque à un moment clé, alors que Proxmox cherche à gagner en crédibilité et à dépasser son image de solution réservée aux « barbus » ou aux labs perso (quoi ? hein ? de qui on parle ^^ ?). L’écosystème Proxmox a longtemps été perçu comme un terrain de jeu pour passionnés, mais avec des outils comme PegaProx, il franchit une étape décisive vers le monde de l’entreprise. Reste à voir comment il se positionnera face à des concurrents comme Pulse ou ProxMenuX, déjà bien implantés. Une chose est certaine : PegaProx apporte une dimension professionnelle, prouvant que Proxmox n’est plus seulement une alternative technique, mais une solution mûre et adaptée aux environnements de production.

Vu la qualité de PegaProx alors qu’on n’en est encore qu’à la version 0.6.3… J’espère que le modèle de licencing restera tel qu’il est aujourd’hui. C’est ça qui m’inquiète le plus : il est trop abouti et trop beau pour que ça dure (je suis encore traumatisé par Teleport). À suivre de très près !

Si vous voulez regarder comment PegaProx tourne sur mon petit lab, je vous ai ouvert temporairement l’accès en lecture ici : https://pegaprox.myvlab.ovh , user : vblog : password : vblog.io/PegaProx1

Références :

PegaProx : https://pegaprox.com/
… et le github de la solution : https://github.com/PegaProx/project-pegaprox
Gyptazy, développeur de ProxLB : https://gyptazy.com
… et son Github, très bien ! : https://github.com/gyptazy

16 réponses

  1. Salut Cédric,

    Merci pour ton super retour ! On a prévu de tester PegaProx à Poitiers dans les semaines à venir, et ton expérience tombe à pic. En tout cas, tu as l’air vraiment motivé 😄 Plus qu’à convaincre la Direction, tu peux le dire que ça fonctionne au CHU de Poitiers 🙂

    Ce qui ressort clairement de ton retour, c’est que le produit apporte des fonctionnalités qui faisaient vraiment défaut à Proxmox, notamment autour de la vue unifiée multi-clusters, de la surveillance des workloads, ou encore d’une gestion plus intelligente des ressources, ce qui est souvent l’un des points bloquants quand on compare à des plateformes plus matures comme VMware.

    De base, Proxmox VE offre déjà un clustering solide, un HA basé sur le ha-manager intégré et une gestion de stockage flexible (incluant Ceph, LVM, NFS, SAN, etc.).
    Mais il lui manque encore clairement :

    Un équilibrage de charge automatique de type DRS (Distributed Resource Scheduler) comme dans VMware,
    Une vision centralisée et globale de plusieurs clusters,
    Une orchestration intelligente de la migration/placement des VMs selon l’utilisation réelle des ressources.

    D’après ton retour, PegaProx semble justement répondre à ces manques, un control plane qui te donne une vue globale de tous les clusters et nœuds, avec monitoring en quasi-temps réel, et des outils pour équilibrer et planifier les ressources sans devoir passer par des scripts maison.

    Pour ma part, j’aimerais savoir :

    Tu as testé avec combien de nœuds dans ton cluster ? Deux seulement ou plus ?
    Et côté stockage, tu étais sur Ceph, SAN classique ou autre backend ?
    Je suis curieuse de savoir si PegaProx remonte bien toutes les métriques (iops, latence, capacité used/free, santé des OSD/Ceph pools… etc).

    De mon côté, j’avais aussi testé Pulse il y a quelques semaines : l’interface était plutôt agréable et bien pensée, mais au niveau stockage il manquait encore des infos utiles (par exemple notre baie SAN n’affichait ni l’espace used/free des LUNs, ce qui limite la visibilité en production), sans doute juste un bug, mais tout de même dommage pour un outil de monitoring.

    Bref, merci encore pour ton test : ça me donne encore plus envie de me lancer aussi dans un labo perso à la maison… même si je vais sûrement me faire engueuler parce que je passe trop de temps sur le PC 😅.. Mais bon, je vais peut-être quand même le faire :p

  2. Tant mieux si ça vous aide, c’est le but ! Si vous pouvez m’aider à faire du lobbying … quand je sais que presque aucune personne de chez nous ne me parle, ni même ne lit mon blog 🙁 … chui too triste du coup, bouh … !

  3. OH Cédric un post sur proxmox, je t’ai cru perdu avec XCP-ng, je rigole 😀 (même si j’ai aussi testé mais alors la partie HCI c’est la cata en perf), bon blague à part c’est les deux que je kiffe le plus pour le moment (mais bon on va surement partie de l’openS.. dans la maison que je … déteste , qu’est-ce que ce truc infame bouffe des ressources pour rien). On joue avec Hpe VM Essential aussi mais c’est loin d’être mature..
    comment ça PVE est une solution de barbu ??? ben pas du tout , on en déploie et pas que des petits clusters avec du ceph en majorité (même si le support des snapshot sur du lvm thick corrige un dès plus gros défaut), j’ai des streched en lab pour le moment également (tjrs avec ceph). PBS manque encore l’immutabilité « réel », et surtout le plus « compliqué » c’est les designs pour les pra. Pour la partie dynamic load scheduler , ça avance , c’est d’ailleurs la même méthode que pour proxlb , mesure de psi (après corosync c’est des contraintes justement pour ramener les métrics d’usages). Allez on se dit que dans 6 mois c’est fait ^^. Reste aussi à supporter d’autres conteneurs que LXC (pour le moment on déploie du k8s en vm qui sait discuter avec la partie ceph de proxmox). Mon plus gros cluster en prod 8 nodes 640cpu 6TB de ram 111TB de sto ceph (une centaine de vm).

  4. Salut Xavier ! Ravi de te lire 😉

    Merci pour la ref cluster proxmox de 8 nodes et 111 TiB ed ceph. c’est rajoute d e l’eau à mon moulin en interne 🙂
    Cédric

  5. si ça peut faire avancer le bouzin, dans le monde « secret » on déploie beaucoup de pve sur souche debian perso et durcit, donc sans support officiel de proxmox (plus gros que celui dont j’ai cité la config).Aujourd’hui rare sont les clients qui souhaitent du VMware (à part ceux qui ont un budget de fou et qui veulent le top ce qui est le cas), et je passe mon temps en réunion pour présenter les alternatives et les plans de migration, proxmox représente 80% de mon taff en private cloud.

  6. Salut,

    Petit retour côté CHU de Poitiers : nous avons récemment intégré notre cluster Proxmox hébergeant la partie VDI Systancia Workplace. À ce jour, le cluster est composé de 10 nœuds accompagnés d’un quorum dédié.

    Quel plaisir d’utiliser Pegaprox ! Le fait de pouvoir centraliser quasiment toutes les opérations de maintenance, redémarrage, arrêt, migrations à chaud, accès console, gestion du mode maintenance, etc., au sein d’une interface unique apporte un vrai confort d’exploitation. C’est clairement le chaînon manquant que nous attendions sur Proxmox en termes d’outillage transverse.

    Le projet évolue vite et dans le bon sens, déjà en version 0.6.5. Le mode maintenance est particulièrement bien pensé et le balancing des VMs fonctionne de manière cohérente et efficace. Pour le moment, l’ensemble est stable et répond parfaitement à nos besoins en production.

    Il manque encore la partie gestion de l’authentification native, mais celle-ci est déjà identifiée dans la roadmap, donc rien d’inquiétant.

    De notre côté, nous avons également souscrit à des licences de support direct chez Proxmox. Et franchement, ça fait plaisir de payer des licences à un tarif juste et transparent… VMware Joke 😉

    En tout cas, on continue clairement sur cette lancée à Poitiers !

  7. Merci pour ce retour très encourageant pour proxmox en environnement de production sans la vision « barbus »
    Concernant les tests XCP-NG, tout est terminé ?
    Curieux d’avoir aussi des retours de performances en ceph vs 3tier ?

    1. Excellent ! Merci pour l’info , je prépare un billet sur pro center d’ici la fin de la semaine !
      Le temps de découvrir la chose et me faire une idée générale 🙂

    2. Effectivement, Proxcenter semble être un produit plus abouti, même si Pegaprox est déjà très intéressant sur le plan fonctionnel. Je suis curieuse de découvrir la partie micro-segmentation type NSX proposée par Proxcenter. À voir s’il est possible de la tester, car elle paraît réservée à la version Enterprise.

      Curieux sur ces différents points :

      Le niveau réel de granularité des politiques (par exemple L2/L3 vs L4/L7, politiques dynamiques basées sur metadata, conditions d’application automatiques, etc.) ;
      Le modèle d’intégration avec Proxmox VE (est-ce que c’est une sorte d’agent dans les nœuds, un contrôleur central, ou une combinaison des deux ?) ;
      La capacité à gérer le “east-west traffic” interne comme NSX le fait via des composants distribués.

      A voir..

  8. Bonjour, je viens d’installer pegaprox mais je n’arrive pas à me connecter mon 1er cluster . j’ai fait Add new cluster , je remplis les 4 premières cases et je valide mais j’ai une erreur.
    il demande cluster name + host ( fqdn) + username + password
    Que mettre dans Cluster Name , jai mis host le fqdn toto.proxmox.goulou.info mais il me dit : Failed to connect to Proxmox Cluster

    merci pour votre aide.

    1. Bonjour Sofiane,

      Tu as le nom de ton cluster sous proxmox directement sur le nom de la section « Datacenter (le nom de ton cluster) »

      C’esst le nom que tu as du donner au départ.

      1. C’est bon j’ai réussi. faut mettre juste l’IP car l’outil rajouter lui même dans as requête le https et le 8006.
        la découverte commence et à première vue je kiffe.

        Merci

  9. Bonjour Cédric, Merci pour ton retour rapide.
    j’ai recup le cluster name depuis mon proxmox en hhuat à gauche sous datacenter. quant au host, j’ai mis l’ip puis username et mdp . En cliquant sur Add cluster, il m’affiche Unauthorized.

    1. Ben c’est que tu dois avoir un souci dans les droits alloués au User que tu utilise. Tu as essayé avec le user root pour voir ?

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