EMC et VMWare sur les rails de l’hyper-convergé : VxRAIL

Effectivement, depuis quelque temps déjà, entre les solutions de VCE et EMC de produits convergés et hyper-convergé (VSPEX Blue, EVO:Rail, VxRack, VBlock …), il était temps de clarifier un peu l’offre et la rendre plus compréhensive des clients, d’autant que même les ingénieurs d’affaire avaient du mal à réellement positionner tout cela au sein de leur portefeuille de produits. EMC a donc profité du rachat quasi total de VCE (Cisco ne détenant plus que 10% de la joint-venture) pour re-serrer rangs et annonce aujourd’hui la sortie d’une nouvelle offre : VxRAIL. Venant remplacer VSPEX Blue pour quelque chose d’encore plus intégré et packagé grâce au savoir-faire de VCE, VxRAIL fait partie de la classe des solutions hyper-convergées et vient donc officiellement concurrencer tous les grands de ce segment : Nutanix, Atlanis et Simplivity en tête.

Sa philosophie est relativement simple : fournir la solution hyper-convergée full VMWare la plus simple et la plus facile à administrer, mais aussi une des plus performante et dense du marché. Détaillons tout cela ensemble.

Présentation générale

VxRAIL est avant tout une plateforme intégrée (logicielle, matérielle, support, maintenance). Tout le logiciel de virtualisation embarqué repose sur les briques de base de VMWare exclusivement : ESXi, vCenter, VSAN (6.2 à partir du deuxième trimestre). EMC et VCE y ont apporté toute leurs compétences dans le hardware et le support “mission critical” en ajoutant à ces composants standards un portail de gestion, un support ad-hoc, une expertise d’intégration et de suivi de compatibilité matérielle/logicielle. J’imagine bien par exemple que le développement des produits Open Source annoncés il y a quelques mois (voir ici) sont présents pour gérer tout cela, en particulier RackHD.

La solution est de plus scale-out grâce aux propriétés de VSAN et aux outils et assistants ajoutés par EMC/VCE. En termine d’extension pure, EMC annonce avoir qualifié de 1 à 16 appliances, chacunes constituées de 4 noeuds physiques. Concernant la partie réseau, on est, comme pour les concurrents sur du BYON (Bring your own network). Les connecteurs sont des SFP capables de s’adapter à du cuivre ou de l’optique 10 Gbit/s, suivant les configurations externes.

Autre information importante, aujourd’hui VxRAIL est proposé comme un “tout-en-un” avec son propre vCenter, ses ESXi “maison” et son VSAN dédié. Ceci étant, EMC a dors et déjà annoncé qu’il sera possible d’intégrer les appliances à un vCenter externe d’ici la fin du second trimestre 2016.

Le hardware et ses possibilités Scale-out

VxRAIL est basée sur une appliance très dense constituée de 4 serveurs et d’une baie disque frontale pouvant contenir jusqu’à 24 disques (6 disques par serveur). Jusque là, rien de bien original, cela ressemble beaucoup au form-factor des appliances de Nutanix, notamment. On retrouve aussi – bizarrement ^^ – le hardware de VxRACK, la fameuse solution a peu près équivalente à VxRAIL chez EMC, mais motorisée par ScaleIO coté stockage.

Les différentes configurations proposées sont très nombreuses (contrairement à VSPEX Blue initialement) et quasiment tous les use cases sont couverts avec deux classes d’appliances, “Max Performance” et “Blend performance”. Les appliances MaxPerf sont des machines full-SSD, tandis que les appliances BlendPerf sont constituées de configuration hybride. On retrouve ici tout simplement les deux approches de VSAN : full-flash et cache-tier/capacity-tier.

Les fonctions scale-out reposent essentiellement sur les couches VMWare, VSAN pour le stockage et les différentes fonctionnalités bien connues coté compute comme DRS, HA et vMotion.

La sur-couche logicielle EMC/VCE

Une fois la première appliance branchée et mise en route, vous disposez d’un assistant d’installation qui permet de mettre en route et configurer tout l’échosystème VMWare en moins de 30 minutes chrono. En effet, hormis le minimum syndical (FQDN, IPs diverses) tout le reste est totalement automatisé : vCenter, ESXi, SDS VSAN.

De même il est possible très simplement d’ajouter une appliance VxRAIL à un ensemble existant et l’intégrer automatiquement. La encore, un petit assistant permet de renseigner les quelques paramètres ESXi pour réaliser toute l’opération aussi bien coté vCenter que coté management VxRAIL.

Du coté de VxRAIL manager lui-même, tout est organisé pour simplifier la vie de l’administrateur : procédure d’update/upgrade via des assistants, état de santé des appliances, section support avec gestion des tickets et supervision générale.

EMC met également fortement en avant un Markeplace intégré, géré par la société, chargée de mettre à disposition des applications complètes sous forme d’OVA/OVF. Le constructeur a de plus mis les petits plats dans les grands en contractualisant avec Akamaï, CDN bien connu sur la toile, pour assurer la distribution “au plus près” et avec les meilleures performances possibles.

En somme, vous faites votre marché, vous installez, ça marche. “It just works” comme aiment à le dire les commerciaux ;) . Il faudra suivre cela sur le long terme pour vérifier qu’effectivement, la sauce prend bien et que cet “App Store” made by EMC rencontre le succès escompté par son géniteur. Il est vrai que ce principe de consommation peut avoir son intérêt notamment pour les providers de SaaS ou plus simplement être un tremplin pour une startup qui pourrait directement proposer ses services à travers ce type de store. Les modes de consommation ont grandement évolués dans ce sens auprès du grand public, alors pourquoi pas chez les professionnels ?

Le portail d’administration VxRACK simplifie aussi beaucoup la vie des maintenances hardware avec un dashboard dédié et des fonctions automatiques de localisation du ou des composants défaillants. De même, un assistant permet de préparer l’environnement au remplacement de l’élément : passage en maintenance de l’ESXi concerné, extension du noeud.

Enfin, il existe une fonction que vous n’utiliserez sans doute que rarement mais qui curieusement a fait l’objet d’une présentation détaillée, et j’ai envie de dire, pourquoi pas ! Vous avez un gros bouton pour tout éteindre correctement :) . Bon, je sais, dit comme cela, on a l’impression que je troll un peu, mais au final, ce n’est pas si inutile que cela, d’autant que lorsqu’on se pose ce genre de question, on déroule toute une checklist et on passe un temps non négligeable à construire la procédure. Là, vous avez juste à décider : je veux éteindre… et tout est pris en charge alors on ne va pas faire la fine bouche !

Evidemment, tout le reste, le quotidien, se passe sous vSphere et aucun plugin particulier n’est nécessaire étant donné que chaque appliance exécute des produits 100% VMWare.

Conclusion et boule de cristal

EMC signe là sa deuxième itération dans l’hyper-convergé, après VSPEX Blue. Nul doute que l’arrivée de Chad Sakac à la tête de la division VCE n’y est pas pour rien, d’autant que la société a clairement montré ses ambitions en la matière depuis quelques mois. VSAN 6.2 ajoute encore du poids (et quel poids, voir ma présentation ici et mes réflexions à ce sujet, ici) à l’ensemble et le fait que EMC se repose entièrement sur ce SDS pour une solution scale-out à grande échelle est un signe qui ne trompe pas.

Concernant le positionnement tarifaire, difficile à dire étant donné que nous n’avons pas eu d’informations claires (chiffrées) lors de la conférence. Ceci étant, à une question générale, un des présentateur a indiqué un tarif “agressif” par rapport aux concurrents. On peut donc imaginer un positionnement sinon en dessous, au moins équivalent à ce qu’on peut trouver aujourd’hui chez les pure players du secteur. Nul doute aussi que la fusion Dell|EMC permettra à EMC de profiter de la force de frappe commerciale et des énormes volumes de commodity hardware générés par la division “x86” de Dell. Enfin, la question m’a échappée lors de la webconf et personne ne l’a posé à ma connaissance… quid des licences VMWare nécessaires au fonctionnement de l’ensemble (vCenter, Licences ESXi et surtout licence VSAN Advanced pour la gestion du full-flash) ? Seront-elles comprises dans le prix de vente ou à acquérir séparément ? Pour l’instant, pas de réponse, donc.

Quoi qu’il en soit, il sera aussi intéressant de voir comment VxRAIL se positionne au sein de son marché des HCI d’ici 1 à 2 ans, alors que VSAN aura encore surement grandement évolué d’ici là. EMC aura-t-il fait son trou, aura-t-il damé le pion aux champions actuels au risque de provoquer une phase de consolidation par des rachats en pagaille ? Vous connaissez mon avis là dessus, je pense…

Il ne me reste plus qu’à faire les yeux doux à EMC France pour éventuellement pouvoir tester la bête en vrai. Enfin, pour terminer, je souhaite remercier Christophe, le community manager d’EMC pour m’avoir permis de participer à la conférence online “avant-première” sur VxRAIL, il y à quelques jours.

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