Je continue mes pérégrinations et, ce faisant, mes nombreuses découvertes sur la gestion et l’administration de conteneur rien que pour vous ! Mais pourquoi donc me direz-vous ? Pour vous préparer en douceur à la future aventure DevOps et, surtout, à la grande odyssée Kubernetes qui va suivre … Vous connaissez Portainer ? Eh bien, vous allez kiffer DockHand.
Dans la jungle des outils dédiés aux environnements conteneurisés, vous connaissez déjà, grâce à mes récents articles sur Pulse et Dozzle certains des très bonnes entrées en la matière, mais aussi Portainer, certainement, l’outil que j’utilise personnellement depuis plus de deux ans. J’appréciais (jusqu’à très récemment) Portainer pour sa puissance et sa compatibilité avec Swarm et Kubernetes, en plus de la gestion des stacks Docker et Podman autonomes. Aujourd’hui, Portainer est une plateforme mature et performante, mais de plus en plus orientée entreprise, avec des tarifs de licence qui restent acceptables pour un lab (5 nœuds maximum pour la version gratuite, si ma mémoire est bonne). En revanche, dès que l’on commence à gérer un nombre conséquent de serveurs logiques, les coûts deviennent rapidement prohibitifs… surtout pour moi, petit lab’er sans gros moyens.
En quête d’une alternative mieux adaptée à mes besoins, j’ai découvert il y a peu de temps DockHand : un gestionnaire de conteneurs, spécialement conçu pour les environnements Docker, extrêmement rapide, avec d’une ergonomie particulièrement affutée et, cerise sur le gâteau, équipé d’un outil intégré de développement couvrant une grande partie des fondamentaux des pipelines CI/CD — ces mêmes fonctionnalités qui font la force d’outils comme ArgoCD, Jenkins ou SemaphoreUI (pour n’en citer que quelques-uns, car il y en a tellement !).
Ni une ni deux, j’ai plongé tête la première dans un deep dive de ce nouvel outil, toutes affaires cessantes (malgré d’autres articles en cours). Et je peux désormais vous le confirmer : DockHand est un petit bijou, à condition de rester dans l’écosystème de la conteneurisation sans s’attaquer à des solutions technologiques bien plus vastes et complexes, comme Kubernetes. Non seulement il reprend toutes les fonctionnalités de Portainer, mais il y ajoute une élégance et une rapidité qui m’ont définitivement conquis.
Son déploiement est d’une simplicité enfantine, tout comme celui de Portainer d’ailleurs, et repose sur un système d’agents. Bien sûr, il est possible d’utiliser directement l’API Docker (en la sécurisant au préalable), mais par souci de sécurité, je privilégie la solution agent : elle évite d’exposer l’API Docker sur les hôtes à superviser. Je vous en reparle a la fin de l’article.
Tout ce déploiement s’appuie sur Docker Compose, et vous trouverez les détails d’installation ainsi que la documentation complète dans le wiki dédié : DockHand sur le wiki vblog.io
Voici quelques captures d’écran illustrant son fonctionnement. On y retrouve toutes les fonctionnalités essentielles déjà présentes dans Portainer, comme :
- La gestion des images, conteneurs et stacks en cours d’exécution,
- Consultation des logs en temps réel,
- Accès direct à chaque instance de conteneur (via un terminal intégré),
- Visualisation des réseaux et des volumes associés à chaque serveur supervisé.





Vous remarquerez aussi la puissance des outils intégrés à la visualisation des conteneurs. On peut même parcourir directement et interagir avec le système de fichiers interne, sans avoir à galérer avec la cli. De même, il est possible de visualiser très simplement l’empilement des Layers , ce qui est parfait pour expliquer le concept de conteneur à une salle de formation, par exemple.








Encore une fois, l’interface fonctionnelle et réactive de DockHand est, à mes yeux, un vrai atout face à Portainer. Ceci dit, Portainer conserve un avantage certain avec sa couverture étendue de Kubernetes et Swarm, ce qui n’est pas rien.
Pour clore cette description technique de DockHand, sachez qu’il s’appuie sur quatre types de connexions pour la gestion des serveurs déclarés :
- La connexion locale via la socket de l’API Docker,
- La connexion directe via le réseau à l’API Docker sur un port TCP classique,
- La connexion via l’agent Hawser en mode standard (l’agent se connecte au manager DockHand),
- Enfin, la connexion dite « edge » de l’agent Hawser, où c’est le manager qui initie la connexion vers l’agent (donc pas d’ouverture de firewall sur la machine distante).
Ainsi, vous pouvez choisir le type de connexion le mieux adapté à votre usage et à vos exigences de sécurité. Bien sûr, il est possible d’établir une liaison réseau en HTTP ou HTTPS avec l’agent Hawser.

Enfin, pour terminer, j’ai essayé d’utiliser directement les fonctions spécifiques de pipeline CI/CD, avec la possibilité de se connecter à un dépôt Git (GitHub/Lab/Tea, pour moi, c’est du thé, désolé ^^ !). J’ai utilisé ce dépôt pour déployer directement une stack basée sur Docker Compose, et ça a fonctionné parfaitement (bon, je n’en doutais pas, mais il faut bien commencer à vous titiller sur ces concepts…).
J’ai déclaré mon instance vBlog Gitea (gitea.vblog.io), sur laquelle j’ai créé un nouveau dépôt. Dans celui-ci, j’ai ajouté un petit manifest docker-compose.yml permettant de déployer une stack simple (un conteneur ConvertX).




Hé hop ! Magie ! le stack est déployé, l’image chargée depuis la registry publique (ça marcherait aussi avec toute registry privée évidemment) et le conteneur est lancé et peut être suivi en temps réel ensuite.
Au final, voici un petit tableau récapitulatif des deux solution que sont Portainer et DockHand :
| Critère | DockHand | Portainer |
|---|---|---|
| Facilité d’installation | Conteneurisé, déploiement rapide | Idem |
| Interface utilisateur | Moderne, épurée, intuitive et rapide ! Ressemble un peu à Pulse dans l’esprit | Interface complète et fonctionnelle mais, je trouve, un peu datée aujourd’hui |
| Fonctionnalités | Gestion basique des conteneurs avec gestion avancée via des dépos git | Gestion avancée (stacks locaux notamment, RBAC, et un support de Kube et Swarm) |
| Extensibilité | Limitée, axée sur l’essentiel | Large (plugins, intégrations) |
| Support | Communauté mais une version entreprise existe aussi, à voir | Communauté + support entreprise |
| Cas d’usage | Parfait pour des Labs et des environnements légers | Connu sur des plus grosses productions, avec des équipes IT |
| Evolutivité | Le produit évolue apparemment très vite, donc à suivre de près ! | Service bien établi, avec un support professionnel réactif (expérience perso sur ma petite licence 15 nodes) |
Vous avez compris, DockHand est devenu mon nouvel outil de gestion de conteneurs @Home. Il est rapide, efficace et très sexy. Il n’en fallait pas plus pour moi. Alors, bon, j’ai toujours ma licence renouvelée en novembre dernier pour un an, donc je vais conserver Portainer pour mon Lab Kube, mais pour le reste, franchement … jetez-y un oeil et faites moi un retour sur ce que VOUS en pensez de votre coté ?
Et bonne année 2026, au fait !

Références :
Site officiel de DockHand : https://dockhand.pro
Le Github de l’agent Hawser : https://github.com/Finsys/hawser
Portainer : https://www.portainer.io
La page Wiki de cet article : https://wiki.vblog.io/DockHand
Le wiki de vBlog : https://wiki.vblog.io
Le Gitea de vBlog : https://gitea.vblog.io